Description

Chair de lumière est une œuvre immatérielle et impalpable, dont la forme est à la frontière des arts médiatiques, du cinéma et des arts vivants et où le faire œuvre de l’apparition s’appuie sur l’éphémère, l’insaisissable et le fugitif, sur le nébuleux, le vague et l’incertain, sur la non-linéarité et l’imprévu, sur l’empreinte sensorielle imperceptible du spectateur.

 

Concept

 

Chair de lumière tente d'effacer au maximum tous médias et dispositifs. Lorsque ceux-ci sont utilisés, c'est comme procédés d'illusions, élaborés afin de susciter chez le spectateur différents types d'apparition, dont celle de l'oeuvre elle-même, aux confins de lieux et d'espaces inattendus. 

 

Les soirées se divisent en cinq sections distinctes nommées Temps. Les Temps ont leur propre dynamique: ils sont conçus essentiellement pour fausser la perception des spectateurs, «une brèche cognitive».

L'expression «une brèche cognitive» se rapporte directement au concept de chair, tel qu'exposé dans ma thèse.

 

C'est par cette brèche que «s’immisce l’infiltration médiatique. Elle est le lieu de l’entrelacs formateur de l’expérience, un entrecroisement où, d’une part, son double, illusionné, est mû par la lumière extérieure, et qui, en se projetant, reluit en le monde, et, d’autre part, le monde, éclairé par cette lumière phénoménale, le change à son tour» (tiré de la thèse écrite).

 

Concrètement, Chair de lumière est une installation technique et logistique assez dépouillée: dans une salle fenestrée, quatre haut-parleurs, deux projecteurs, un écran plasma, deux ordinateurs, 1 kinect sont requis.

 

Les Temps, version finale

 

Le Temps0, d'une durée de 15 minutes permet aux spectateurs d'apprivoiser la salle. Une trame sonore joue en boucle: cette trame, créée à partir d'enregistrement de salle, est en duo avec cette même salle, en son direct, changeant et imprévisible. Visuellement, un écran plasma présente cinq chronomètres défilant, les quatre premiers, le temps à écouler avant les prochaines sections, le dernier, le temps écoulé depuis le début de la soirée.

 

Le Temps1 est d'une durée de 13 minutes. Un clip vidéo d'animation est diffusé sur le même écran qu'au Temps0. La trame sonore continue.

 

Lors du Temps2, une vidéo (tournée et montée quelques minutes avant le début de la soirée) est projetée sur le

mur: on y voit entre autres, deux femmes qui marchent dans les sentiers extérieurs. À l'extérieur, les mêmes femmes, qui sont en fait des danseuses interprètes participant au projet, font la même déambulation en direct; ne pouvant reproduire exactement les mêmes mouvements, un très léger décalage est causé entre la diffusion (qu’on croit directe) et la déambulation en temps «réel». Dans la salle, c'est le silence.

 

Au Temps3, les danseuses entrent dans la salle et elles recréent les images vues dans la vidéo du Temps1. Elles tiennent un voile sur lequel est diffusée une vidéo d'animation. Le projecteur 2 les poursuit et participe à la création de jeux de reflets dans les fenêtres. La Kinect capte cette image en plan large de manière à capter aussi les jeux de lumière. Un des ordinateurs applique un traitement à cette image puis la diffuse sur le mur (projecteur 1). 

 

Le Temps4 est celui de l'entredeux, entre la soirée et l'après-soirée. Certains spectateurs poursuivent leur exploration, d'autres quittent.

 

Plan de la salle et mise en espace des Temps (voir illustration)

​Marjolaine Béland © 2014 / beland.marjolaine@uqam.ca